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A partir de la fin du 19e siècle et surtout e,entre
1914 et 1940 les populations noires du Dixieland, les Etats du Sud–Est des USA
ont émigré dans les centres industriels de la côte atlantique ;
Philadelphie, New York et Boston. Les noirs de la Louisiane remontèrent le
Mississipi qui les mènera à Chicago, Détroit et Pittsburgh. Quant à ceux de Californie,
ils se regroupèrent à Dallas, San Antonio et Houston. Dès le début de la guerre
de 1940, la migration s’orientait vers l’ouest, Los Angeles et la baie de Frisco.
Nous avons là la cartographie du blues puisque ses musiciens
le même chemin. C’est Detroit où les
usines Ford se sont installé attirant des milliers de pauvres bougres que
s’installa JLHooker. Comme tous ses copains, les péquenots, musiciens de blues
abandonne la guitare classique pour l’électrique pour se faire entendre dans
les bouges où ils se produisent. Le duo guitare piano cédera la place à
l’orchestre (réduit souvent au combo), la base rythmique basée par la basse et
la batterie formera le Blues urbain qu’il faut distingué du blues rural tel que
nous l’avons vu dans les précédents billets.
John Lee Hooker restera le mythique bluesman du delta, mais
flirtera à la fin de sa carrière dans le blues moderne. Il passera du blues
traditionnel, en passant par le gospel pendant ses années noires qu’il ne niera
pas, jusqu’à des enregistrements plus léchés, moins bruts, arrangés en studio,
lui qui se foutait comme d’une guigne des règles musicales du bues de papa. Ce
n’est qu’en 1948 qu’il deviendra un nom dans le bizness et gravera le fameux « Boogie Chillen », une
référence pour les buesman d’aujourd’hui et des vedettes de la pop music.
Propulsé au devant de la scène il consentira en 1970 à s’acheter enfin une
belle bagnole et roulé des mécaniques devant les petits jeunes qui viennent
l’écouter.
Comme promis je vous propose d’écouter un titre de Brook
Benton, enregistre par JLH en 1995, avec excuser du peu Charles Brown au piano.
« Kiddio »
P.S
Comme je le dis souvent si vous voulez que je vous «prête»,
un morceau entier, vous pouvez me le demander, la plupart sont dans le domaine
public.
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Il y eut avant guerre une pléiade de chanteurs de blues.
Chacun apporta sa touche pour arriver au blues tel que nous le connaissons
aujourd’hui. Nous savons maintenant que c’est grâce aux grands groupes de rocks
anglais que cette musique afro-américaine est sortie du placard d’où le show
biz l’avait enfermé. Nous avons écouté dernièrement les homonymes Johnson et
Big Bill Bronzy qui furent une charnière entre les différents styles de blues.
Du Mississipi à Chicago, les racines foisonnent. La liste de ces pionniers est
longue et je ne peux les citer tous mais mentionner : Leroy Carr. Brownie
Mac Ghee, Willie « lelion » Smith, etc etc.
En Europe, le plus connu d’entre eux est peut être John lee
Hooker, une véritable légende de son vivant, une star qui ne démérite pas cette
appellation. C’est d’ailleurs un disque de lui qui m’a rapproché de cette musique
qui m’est maintenant si familière quelle est pour moi entièrement intégrée dans
mon esprit. En écoutant du blues comme pour un grand nombre d’entre nous, je me
crois être né avec cette musique ans la tête.
Comme la plupart de ses copains et collègues, il grandit
dans le royaume du gospel. IL est né à une date encore aujourd’hui inconnue,
entre 17 et le 22 août 1917, près de Clarksdale dans le Mississippi. Adolescent
puis adulte, il devient ouvrier agricole mais bluesman à ses heures où il apprend
des rudiments de guitare. En 1923, le père de Hooker meurt, et John Lee, âgé de
seulement 15 ans, fuit son foyer. Il ne reverra jamais ni sa mère ni son
beau-père.
Après diverses péripéties, il s'installe en 1943 à Detroit
pour trouver du boulot tout en tentant de trouver des engagements de musiciens
dans les bars et les bordels du coin.
Gêné par le brouhaha qui règne dans les bars et pour couvrir
ce bruit il utilise lui aussi l’amplification pour sa guitare, avec sa marque
personnelle faite d’un style agressif et hypnotique.
En 1948, il enregistre son premier disque, la chanson « Boogie
Chillen », dans un style rudimentaire, proche de la parole, qui deviendra
sa marque de fabrique et un des plus grand tube de l’histoire du blues.
Encore à cette époque, le métier de musicien noir est un
handicap et payé à coups de trique. Il lui fallait enregistrer son des noms
différents des morceaux rebaptisés, avec quelques changements dans les textes
ou les titres. Si vous trouvez des disques de « John Lee Booker",
"Johnny Hooker", ou "John Cooker", n’hésitez pas, il s’agit
bien du même.
Sa musique, très libre sur le plan rythmique, supporte mal
l'accompagnement, il est le plus souvent enregistré seul, marquant le rythme à
l'aide d'une capsule de Coca Cola clouée sous sa chaussure. Son style reconnaissable
et authentique à la fois en a fait l'un des artistes les plus importants de sa
génération, et son influence sur les styles qui suivront à fin du le XXe siècle
est considérable. Dans les années 50, une partie du public noir se désintéresse
du blues au profit du Rythme and Blues, plus entraînant et dansant.
A ce sujet cette appellation R&B que nous avons vu dans
le précédent registre, la première partie de ce blog, est née de l’industrie du
disque. Je considère et tout un paquet d'historiens du jazz, les vrais, pas les
Teddy Bear comme moi, comme une évolution logique du blues. A noter qu’il
fallait sortir de la catégorie des « race records » l’industrie de la
musique destinée uniquement aux noirs.
John Lee Hooker parvient tant bien que mal à se maintenir à
flot, mais sa carrière stagne. Jusqu'à ce que les anglais dès les années 60 lui
remettent le pied à l’étrier ainsi qu’à un grand nombre de ses illustres potes.
Merci donc à Eric Clapton, John Mayall, aux Stones et même
au Beatles qui redécouvrent le Blues. L’accueil des européens a stupéfié ces géants
du blues, habitués au mépris des petits blancs des USA. JLH est devenu dès lors
une star internationale tout comme Muddy Waters ou Howlin' Wolf. Lee Hooker
enregistrera de très bonnes sessions avec "Canned Heat". En 1980, il
joue son tube « Boom Boom » dans le film « The Blues Brothers ».
A noter que sa prestation est filmée et enregistrée en live et non en play-back,
comme pour les autres vedettes du film.
Il se joint en 1989 à Carlos Santana et Keith Richards pour
enregistrer un album, « The Healer » qui lui vaudra un Grammy Award.
Il chante également plusieurs morceaux aux côtés de Van Morrison, dont
"Never Get Out of These Blues Alive » et se produit avec lui sur
scène. Il a également contribué à lancer la carrière de Bob Dylan, à qui il a
assuré la première partie de son récital, au début des années 60, un jeune
homme remarqué par de nombreux journalistes. A la fin de sa vie, Hooker
s'installe à San Francisco, il tombe malade en 2001, juste avant une tournée en
Europe, et meurt peu après, à l'âge probable de 83 ans.
En tant que guitariste, son style inspiré du Boogie-woogie
(il faudra bien que j’en parle, plus tard) paraît simple, mais hypnotique et
violent. Hooker respecte rarement les contraintes du canevas traditionnel et
préfère improviser des histoires qu’il raconte : amours trahies, catastrophes
naturelles, pauvreté, alcool, drogue… le tout soupoudré de références sexuelles
plus ou moins métaphoriques.
Je vous invite aujourd’hui à écouter un extrait de
« Hobo Blues » typiquement rythmé par la fameuse capsule de Coca-Cola. C’est certainement une légende mais on l’entend parfaitement sur cet
l’enregistrement original de la session « Boom Boom Boom »
Je vous propose d’entendre plus tard un autre titre de JLH
plus « moderne »
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A part un aparté avec l'immense Paul Robeson, je vous invite à reprendre le cours historique du blues dans la catégorie des chanteurs guitaristes. Robert Johnson est moins connu en Europe que par exemple John Lee Hooker, mais marquera une évolution dans cette musique. Robert Johnson est né le 8 mai 1911 à Hazelhurst, Mississippi. Sa date de naissance n'est pas connue avec précision, les traces qu'il a laissées suggèrent des dates allant de 1909 à 1912. Jusqu'à son adolescence il porta le nom de Robert Spencer changeant son nom en Johnson pour une obscure affaire de vendetta.1916. C'est à cette même époque que Robert s'intéresse à la musique. Après un premier essai de la guimbarde, il l'abandonne rapidement au profit de l'harmonica qui devient son instrument principal. Avant qu'il ne soit connu il a épousé Virginie Travis en février 1929 qui mourra dans un accouchement en 1930. Il se remariera en 1931 mais garda cette union discrète. Il commença à percer dans les années trente reconnu pour sa musique dure et crue mais surtout populaire, sans être spécialement doué pour la guitare. C'est lors de son retour au Mississippi à Robunsonville que les rumeurs ont commencé à se répandre : Robert aurait vendu son âme au diable pour acquérir un nouveau don pour la guitare et la gloire. Cette légende reste présente dans l'histoire du blues, musique maudite. C'est en 1931 qu'il rencontre Son House pour la première fois. Ce dernier, l'écoutant jouer, le ridiculise ("tu ne sais pas jouer de la guitare, tu fais fuir les gens") et lui conseille d'abandonner la guitare pour se concentrer sur l'harmonica. Robert revient finalement à Robinsonville deux ans après l'avoir quitté après avoir étudié le jeu de guitare. Son House est abasourdi par ses progrès réalisés avouant même qu'il est maintenant dépassé. C'est à cause de ces progrès stupéfiants que la légende du pacte avec le diable va naître à une époque où le vaudou est encore très vivace dans la communauté noire du Mississippi Johnson a joué ses propres chansons comme d'autre bluesmen, musique généralement populaire. Il enregistrera dès 1936 chez un certains H.C. Speirs, un propriétaire blanc de maison de disques dans un magasin à Jackson. Naîtront alors ses premiers tubes. Sa première session d'enregistrement de Robert est réalisée en novembre 1936 par Don Law. Il enregistre ainsi Terraplane Blues une de ses chansons les plus connues qui devient rapidement un succès pour le label Vocalion Records. La chanson de Leroy Carr, How Long-How Long Blues, semble être une de ses favorites à cette époque pour s'exercer à la musique. Dans ses débuts de musicien à Robinsonville, Robert reçoit l'aide de Willie Brown et de l'inévitable Charley Patton notamment. Pendant l'année suivante, Johnson a voyagé St Louis, Memphis. Le samedi nuit, le 13 août 1938 il meurt à Greenwood, Mississippi. Johnson a joué sa dernière gigue , dans des circonstances mystérieuses. Certains estiment qu'il a été empoisonné par un mari jaloux, d'autres qu'il a succombé à la syphilis, les deux versions étant aussi vraisemblables l'une que l'autre compte tenu de ce que l'on sait de la vie de ce bluesman légendaire ! Quatre ans plus tard, un cyclone ravageait les lieux de sa mort. De nombreuses rumeurs au sujet de sa mort ont circulé (poignard, poison, le diable se rappelant à lui). L'empoisonnement est la plus répandue et le plus justifié des causes de sa mort. Le jeu de guitare de Johnson, en plus d'être adroit et véloce, présentait une certaine originalité comme l'utilisation des cordes basses pour créer un rythme entraînant, comme par exemple sur la chanson « Sweet Home Chicago ». Il utilisait beaucoup les accords ouverts. Par ailleurs, sa voix était également étonnamment haute. Les influences de Johnson sont principalement à chercher du côté de Son House mais aussi de Skip James ou Lonnie Johnson. Johnson est fréquemment cité comme "the greatest blues singer of all time" ("le meilleur chanteur de blues de tous les temps") ou même comme le musicien le plus important du XXe siècle, cependant beaucoup d'auditeurs restent déçus à la première écoute de ses morceaux. Cette réaction peut être due à une relative méconnaissance de l'émotion brute et de la forme épurée du Delta blues ou tout simplement à cause de la qualité de l'enregistrement médiocre comparée aux standards de production actuels. En 1990, Colombia a remasterisé ses enregistrements de blues Ses chansons ont été enregistrées par des artistes aussi divers que Lee Roy Parnell. Il laisse à la musique des morceaux tels que Sweet home Chicago (repris par les Blues Brothers), Travelling riverside blues (repris par Led Zeppelin), Love in vainWalking blues et Malted Milk (repris par Eric Clapton sur l'album Unplugged), Crossroads (repris par Cream), They're red hot (repris par les Red Hot Chili Peppers), Stop Breakin' Down Blues" (repris par White Stripes) etc... (repris par les Rolling Stones), On enseigne sa poésie actuellement à l'Université de Virginie en particulier.
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A MON BEAU FRERE.....MP Paul Robeson est né à Princeton (New Jersey le 9 avril 1898), Sa mère, un professeur, est morte alors qu'il n'avait que 5 ans. La famille déménagea à Westfield puis en 1910 à Somerville où son père officia comme pasteur ; il y étudia au lycée puis il excella dans le sport, le drame et dans le chant. En 1910 s'est déplacée, et Paul est allé au lycée de Somerville. Avec une bourse il fit des études universitaires à Rutgers jusqu'en 1915, le troisième étudiant de noir dans l'histoire de l'établissement. En dépit de l'opposition ouvertement raciste ; il fut un notable joueur de basket et de foot américain. Il fut d'ailleurs appelé deux fois pour participer aux championnats. Diplômé en droit dès 1919, il obtint son doctorat en 1923 et épousa l'une des premières femmes à diriger un laboratoire de pathologie. Il exerca à New York mais en but à un racisme quotidien, il abandonnera son métier pour se consacrer à ses premières amours : la comédie, le cinéma (onze film à son actif) et le chant. Il jouera dans le film Showboat. C'est là qu'il créera le célèbre tube « Old Man River » avec un texte remanié. Il se produira dans le monde entier New York, Vienne, Prague, Budapest, l'Allemagne, Paris, la Hollande, Londres, Moscou, et Nairobi. Ses voyages lui ont enseigné que le racisme n'était pas aussi répandu en Europe qu'aux USA. Là-bas, il ne pourrait pas entrer dans des théâtres par la porte principale ou chanter sans intimidations et protestations, mais à Londres il a été accueilli avec les bras ouverts et un standing ovation. Dès le début de la guerre froide il n'hésitera pas à la condamner. Il reçu le Prix Lénine de la Paixet pour cela a été considéré en tant qu'ennemi par son gouvernement et en 1947, il fut convoqué par le comité de Chambre des activités anti-Américaines Le département d'état lui a refusé un passeport jusqu'en 1958, ce qui mis un terme à sa carrière. Il décédera le 23 janvier1976 après une retraite de dix ans. Paul Robeson est une figure légendaire des militants des droits civiques dans le monde. Il restera dans la mémoire collective, un athlète, un interprète, et un militant activiste réussis. Robeson est une véritable basse-baryton de la musique américaine. Il chantera dans plusieurs langues, Chinois, Russe, Yiddish, Allemand, etc.. Il se spécialisera dans le chant religieux les gospels et autres negro-spirituals, sans abandonner les chants folkloriques. « les Bateliers de la Volga », il enregistra néanmoins quelques morcaux de Jazz comme « Solitude » de Duke Ellington. Puisque nous sommes actuellement dans le blues, je vous invite à écouter un extrait de « Saint Louis Blues » dans une version très roots dans le style de Bessie Smith.
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Big Bill Bronzy est un guitariste et chanteur mythique de blues américain est né en 1893 à Scott (Mississippi).Né dans une famille nombreuse de paysans, le jeune William Lee Conley, dit plus tard Big Bill Broonzy, joue d'abord du violon et du banjo lors des mariages et des fêtes familiales. Mais c'est en tant que guitariste qu'il commence sa carrière au milieu des années vingt à Chicago, enregistrant ses premiers 78 tours en 1926. Broonzy a ainsi commencé sa véritable carrière d'enregistrement avec Paramount en 1927. L'année suivante, il connaît son premier grand succès avec «Big Bill Blues », qui lui assure une réputation qui durera jusqu'à sa mort, due à un cancer. Il enregistre plus de 300 titres en vedette et autant en d'autres grands bluesmen (Memphis Slim, entre autres). Il travaillera avec Sonny Boy Wiliamson et est apparu avec le Goodman de Benny et le Louis Armstrong puis Peter Seeger, Will Weldon et même Memphis Minnie. Chanteur à la voix forte, claire et prenante, au ton un peu déclamatoire, il est un guitariste complet et sera abondamment imité. Il fut très populaire auprès de la communauté noire de la ville de Chicago, pendant la période (1930-1942) qui représente l'âge d'or du «Chicago blues». Après la guerre, son style devient plus policé, urbain et…. électrifié. Il est l'un des premiers bluesmen à venir en Europe et notamment en France (1951), et aura une grande influence pour la reconnaissance du blues. Plutôt malin en affaires, il avait abandonné un blues plus moderne pour revenir à la formule soliste des origines et se présentera comme « un laboureur noir du Sud » ou comme « le dernier des bluesmen vivants » (Mon œil !l) interprétant les vieux chants folkloriques du Sud par exemple « Baby Please Don't Go » ou plus gospel « Nobody Knows ». D'autres succès sont à noter : « All by Myself » « Key to the Highway ». Ses voyages à l'étranger le rangent comme l'un des principaux ambassadeurs du blues, et c'est lors de cette période que je l'ai connu, grâce à un copain. Comme je suis partageur, je vous propose, remasterisée, une version de « Worrying You Off My Mind ». Sur ce vous pouvez quitter de blog et passer aux affaires sérieuses
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