  Une des plus grandes stars vivantes du R&R est incontestablement Chuck Berry ainsi que Little Richard et un blanc Jerry Lee Lewis. Curieusement un seul guitariste dans le trio et non des moindres dans cette catégorie. Chuck est considéré comme l’inventeur du R&R par certains, ce qui laisse entendre sa popularité en France. Nous savons qu’il n’en est rien pour en avoir parlé sur ce blog. Les origines sont multiples avec une racine commune pour les noirs américains, le gospel, le blues, le R&B. Little Richard, pianiste et blueshouter est l’exemple parfait de cet amalgame, le Rock and Roll. Tandis que J.Lee Lewis, probablement le plus grand pianiste du genre, apportait la touche rockabilly. Pour ce qui concerne Elvis, copain de promotion chez Sun de Lewis et Carl Perkins l’alter ego blanc de Berry. c’est une autre histoire.
Stars et pionniers du Rock, ils sont non seulement vivants et se produisent encore sur scène, ils seront à Paris au Zénith le 14 novembre. Pourquoi, je parle d’eux ? Et bien parce que Chuk Berry cette pointure internationale âgée de 81 balais s’est produit à Sète et j’y étais. L’année dernière au même endroit j’avais assisté au concert de Solomon Burke et quelques mois auparavant dans une petite salle près de chez moi, Macéo Parker avec son orchestre, ce qui est assez rare. Que de telles stars se produisent devant une si petite assistance, me laisse pantois. Eux qui jouaient devant des milliers de personnes au states, à Antibes ou à l’Olympia. J’ai eu la chance de voir Berry sur scène à Paris dans les années 1970 et avait en tête son apparition, son interprétation de ses relativement récents tubes. Le plus célèbre Johnny Be Good fut repris par des centaines de rockers et chez nous par les Chaussettes noires : « Eddy Sois Bon ». C’est donc avec appréhension que je me suis assis sur les pierres de cette arène bondée, aménagée dans une ancienne forteresse datant de Vauban.
C’est vêtu de sa casquette blanche de Yachtman qu’il apparaît seul pour un gag qui ne fait rire que les fans, il fait semblant de chercher ses acolytes ou meuble un instant, ces derniers n’étant pas prêts. Un par un, ils apparaissent, sa fille à l'harmonica et au chant, son fils à la guitare rythmique, le reste du groupe étant des sidemans du quartier, dont un jeune pianiste qui pour moi n’a encore rien compris au rock. De plus la guitare de pépé est dès le début désaccordée et ce n’est que plus tard qu’il s’en aperçoit, ce qui donne lieu à un autre gag involontaire, mais assez marrant d’accordement avec son fils avec forces mimiques. Nous avons eu droit à une dizaine de ses tubes immortels, repris en chœur par une foule de sexagénaires et cinquantenaires excités comme des poux : Maybellene Nadine, No Particular To Place to go et à la fin Johnny Be Good où il s’essaye avec peine pour nous faire plaisir et signe la fin de sa prestation avec son fameux pas de canard.
C’est à se moment-là que je me suis aperçus combien la vieillesse est terrifiante. Ce Berry célèbre pour ses incartades avec les très jeunes filles, sautant sur la scène comme un cabri, pour une raison que j’ignore se parodie. La gloire ? C’est fait. Le pognon ? Peut-être. Toujours est-il que j’avais sous les yeux à ce moment précis l’image d’un Chuck Berry au bout du rouleau, ce qui n‘est pas une critique, car, le métier, la technique et le talent sont toujours là. Mais la grâce n’est plus, ce qui est pathétique. En tendant l’oreille à travers le brouhaha des concerts modernes étouffés par une sono et une basse abrutissantes, j’ai entendu le patron laissé la vedette à sa fille. Entre deux vagues de basse, au cours de l’accalmie du solo, soudain j’ai entendu et vu le vrai Chuck, pendant quelques instants, gratuitement rien que pour le fun, car il n’était pas obligé, il a été cherché joué la note bleue, que seuls les grands savent faire, dans un fantastique corps à corps avec sa guitare..
Il a disparu derrière une scène envahie par de jeunes et moins jeunes filles en délire qui se trémoussaient sur une interminable fin du dernier morceau : Johnny ! Go..Go.. Go. C’est très probablement une des dernières fois que je le vois sur scène.
J’ai quand même vu et entendu Chuck Berry une icône du Rock. Pour les nostalgiques un titre qui ne disparaitra pas avec lui.3Teenager Weeding, version live...dans le temps
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