Une petite anecdote pour commencer, j’avais comme voisin de palier un black, devenu un copain, qui détenait un 33 tours de Jimmy Smith, que nous écoutions dans le noir une cigarette au bec et un verre de whisky la main. Dès l’achat d’une chaîne qui pouvait enregistrer sur bande je lui demande de bien vouloir me le prêter. Pas question me dit-il, tu viens avec moi l’écouter quand tu veux, mais pas de l’emprunter, dès fois que tu le casse....qu’on te vole.
C’est dire l’importance pour ce type que ce disque. Nous écoutions Blues In The Night. Jimmy Smith de son vrai nom James Oscar Smith, est né en décembre 1925 à Norristown, (Pennsylvanie), il apprend le piano d'abord avec ses deux parents et fut élève à la Hamilton School of Music en 1948, et Ornstein School of Music en 1949 et 1950 à Philadelphie. Très influencé par le gospel et le blues, Jimmy Smith fut lauréat d’un concours de piano amateur à l’âge de neuf ans. En 1948, il fut engagé dans un big band de Philadelphie, où il découvrit l’orgue Hammond B3 qui allait lui apporter la célébrité. Il a bientôt gagné une grande réputation qui le suivra jusqu’à New York, où il fait ses débuts au Café Bohemia. Il rencontra ses premiers succès vers la fin des années 1950, a enregistré pour la première fois en 1956 pour le label Blue Note. Ses albums se sont très bien vendus et dès lors, ses enregistrements deviennent populaires en même temps que se popularisaient les juke-boxes dans les bars. Une seule date en 1957 Newport Jazz Festival et sa carrière est lancée. En 1963, Smith signa un nouveau contrat avec la firme Verve, qui lui permit d’enregistrer divers albums, c’est à cette époque qu’il commença à travailler régulièrement avec le guitariste Wes Montgomery. Au cours des années 1960 et 1970, il a contribué à créer le style de jazz appelé funk ou soul jazz après avoir réussi la fusion de R & B, du blues, du gospel et des influences be-bop
Smith enregistra avec un orchestre complet et travailla avec des arrangeurs et chefs d’orchestre tels que Lalo Schifrin et Oliver Nelson. Il a également travaillé avec des formations plus restreintes regroupant beaucoup des meilleurs musiciens de jazz de l’époque, parmi lesquels Kenny Burrell, Lee Morgan, Lou Donaldson, et Stanley Turrentine. Parmi ses très nombreux enregistrements de collaboration, on peut citer ceux avec Stuff Smith, Dizzy Gillespie et Oscar Peterson. Smith reprend en tournée au début des années 1974 et 1975s, en Israël et en Europe en 1980, puis dans les années 90. Après cinq ans de silence, Smith renoue au début de l'année 2001, avec le blues. Son dernier album, "Dot Com Blues" est décrit par l’un de ses amateurs comme “ une fête de tous les styles qu’il maîtrise et apprécie : du rock au jazz en passant par la country, du blues au be-bop en passant par le R’&B. Il décéde d’une rupture d’anévrisme, alors même qu’était prévue sa participation au 44e festival de jazz le 8 février 2005 à Scottsdale (Arizona). Le choix de vous faire écouter un morceau est difficile en extraire encore plus. Je vous propose dans un premier temps d'écouter " The Organ Grinder "Swing".
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