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Nous
avons vu hier le choc que représente ce morceau qui a été repris en
concert par tous les groupes blancs comme les Beatles à leur début. Ce
titre a été repris par Elvis Presley et….Pat Bone, une
catastrophe que la maison de disque voulait mettre en concurrence avec
le marché de la jeunesse blanche. Le disque distribué en France était
un super 45 tours assez exceptionnel puisque apparaissait 4
titres tous inscrits aux Charts américains. Outre tutti Frutti, Rip it
Up, ReadyTeddy et Long Tall Sally. Ce
n'est pas par hasard, cela est du à l'originalité du « son » du talent,
mais aussi de politique marchande des majors qui tentaient une percée
dans la distribution auprès du public blanc fan d'Elvis. Le son est à
la conjonction de tous les courants populaires de la musique noire
américaine. Le Blues au entre de tout, la fameuse noire bleu que les
musiciens tentaient d'obtenir qui sur sa guitare qui sur son piano ou
son chant. Le jazz déjà une concentration de musique européenne et des
courants musicaux du Sud. On y retrouve le gospel song dont Little
Richard est un des grands interprètes, le tout relut par le Rythm and
blues d'avant guerre qui fera fureur dans la population noire
américaine. De Louis Jordan à Cab Calloway tous deux chanteurs de
grandes formations. Le Rock and roll qu'illustre Richard Penniman est
donc une pépite, une concentration du meilleur de ces sources dans
lequel passera une énergie rarement égalée. Otis Reding dans ses débuts
est un interprète à la limite du plagiat de Little Richard. Joe Cocker
et Tom Jones également. Conjonction
? Il faut remonter chronologiquement pour le comprendre. C'est pourquoi
aujourd'hui je vous propose d'écouter et nous pas d'entendre une pépite
« mère » qu'est le succès inégalé d'une composition de W.C Handy. « St
Louis Blues » interprété par Louis Armstrong et qui date de 1929 ou 24.
Tout y est, le blues orchestré et une pincée de mazurka, les chorus le
talent du trompettiste et du chanteur exemple du swing.
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Depuis St louis Blues, la musique noire a fait son chemin. De l'Afrique
où elle est née jusque dans le Sud, elle se transforma en empruntant
encore et encore les styles qui fleurissaient dans les états en deçà du
Mississippi. Dans la Nouvelle Orléans le jazz deviendra la musique «
nationale » d'où naîtront de grands bluesmans et jazzmans. Pou en
revenir à petit Richard, il brillera comme un grand pianiste dans la
lignée de son aîné « Fats » Domino, très grand vendeur de disques dans
le monde black. Né en 1932 très grand « blueshouters » en Georgie,
Penniman trempe dans le Gospel et la musique populaire, il gravera
quelques plages de cette musique à la fois religieuse et profane,
contrairement au negro-spiritual qui lui ne chante que des textes
sacrés de la Bible. Bientôt les chanteurs noirs, mélangeront les deux
comme le fit Mahalia Jackson la Dame du Negro qui ira jusqu'à chanter
du jazz. Parallèlement les chanteurs blancs se rueront dans la
brèche ouverte par les pères du Rock n' roll. Comme Chuck Berry dans le
monde de la guitare. Tous les grands groupes qui naîtront dans les
années 70 et 80 s'inspireront de ce grand guitariste. Les artistes
interprètes blancs de l'époque pianistes et guitaristes respectivement
Jerry Lee Lewis et le non moins grand Carl Perkins s'inspireront des
fondateurs du Rock. Ils apporteront leur propre style essentiellement
country avant qu'elle ne redevienne cette musique d'ascenseurs que nous
pouvons entendre aux USA. Revenons à nos moutons. Les ingrédients
de la musique noire qui donneront naissance au Rock n' Roll sont bien
entendu le Boogie Woogie. Par nature une discipline pianistique qui
consiste à s'accompagner de la main gauche sur le thème du blues, les
fameuses 7 notes tandis que la main droite s'évade dans
l'improvisation, une donnée essentielle du jazz qui sera abandonné par
les combos qui fleurissaient dès avant la seconde guerre et qui
apportèrent leurs pierres à l'édifice. Ces petites formations
étaient soutenues par des guitaristes qui au nom du jazz avaient leurs
propres solos. Les guitares utilisées dans les enregistrements de
Little Richard étaient des « Les Paul » du son concepteur. Jimy Hendrix
qui tourna avec notre petit Richard explosa avec sa Strato fender ou
caster. (Ceci pour les puristes) Une petite photo qui illustre ce
propos en couverture prise chez un pro de la guitare de ma région (Et
collectionneur : salut Gérard) Aujourd'hui je vous propose
donc en attendant le tour de Jimy un morceau de boogie. Un sommité du
piano, un black de chez black, l'inspirateur des pianistes qui feront
fortunes. Une petite démonstration. Que celui qui ne tape pas des pieds lève le bras. A bientôt pour la suite.
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Lou
Rawls vient de décéder à l’âge de 72 balais. C’était un grand bluesmen
dont la voix était célèbre pour son velouté. Le parcours des chanteurs
de blues est souvent la même : enfant de chœur il passa très vite au
gospel dans les années 50, et débuta sa carrière pro dans l’Illinois,
terre du blues, dans le groupe les “Pilgrim Travelers”. Il fut copain
avec Sam Cooke, un illustre artiste, mort trop tôt. Il fait parti
du background de “Bring It on Home”. En duo avec Al Jarreau ils
graveront des galettes de prestiges *. Ceci me donnera l’occasion en
son temps, de parler d’un autre branche du R’N’ R, dont la frontière
est incertaine, la “Soul Music” dont les chefs de files sont
incontestablement Otis Reding, (mort lui aussi très tôt dans un
accident d’avion) et James Brown “The fathers Of Soul” dans le genre
“shouters”. http://www.lourawls.com/
Puisque l’actualité nous y amène, je reviendrai sur une catégorie de la
Black Music, les vocalistes. Hommes et femmes, chanteurs de
bastringues, de bouges et autres lieux mythiques du Sud. Les paroles
sont la plupart du temps indigentes ou obscènes, cachées sous de
grosses métaphores, un pianiste, Jelly Roll Morton, ira jusqu’à prendre
comme pseudo, le nom d’une pâtisserie, oblongue qui rappelle ce à quoi
vous penser. Je passerai donc sur les textes pour ne retenir que le
phrasé et la langue, en osmose parfaite avec les mélodies.
Il m’est impossible ici de parler de tous. Ce blog d’ailleurs part un
peu dans tous les sens, peut-être à l’instar de la fameuse
improvisation chère aux musiciens noirs.
Pour mettre un peu d’ordre dans tout cela, résumons-nous. Nous avons vu
et entendu un morceau de jazz mythique “St Louis Blues” dont le
chanteur n’était autre que Louis Armstrong, puis un pianiste,
“professor” de son état, sans oublier Little Richard qui en fusionnant
ces racines ouvrit la porte, que dis-je, une avenue à une ribambelle de
chanteurs. Nous avons survolé également les instruments de cette
musique, le piano et la guitare. Et j’y reviendrai sûrement. Le jazz,
quant à lui, a ses instruments particuliers, presque dédiés, le piano,
le saxophone et la trompette. Je n’en parlerai que peu, son domaine est
très vaste et il me faudrait ouvrir un autre page perso et devenir
bloguiste professionnel.
C’est pour cette raison que je reprendrai le clavier demain pour la suite de cette saga.
En attendant voici en hommage à notre disparu, un morceau en duo avec
Al Jarreau « Ain't no sunshine » Ici nous sortons du roots, pour aller
la variétoch, tout en appréciant les performances vocales, avec une
pensée toute particulière pour ce bon chanteur de blues et de
soul de la première heure.
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En
parlant de clavier je voulais dire celui du micro, certainement pas
d’un Yamaha à 10 bâtons. Ceci est un bon lien pour parler des supports
de l’époque. Les premiers morceaux de Jazz furent enregistrés sur des
rouleaux de cire, puis apparurent sur le marché les disques gravés en
78 tours que devaient lire de merveilleuses machines appelées
gramophone puis électrophone. Mon père avait acheté une merveille de
technologie dans les années cinquante. Un Phillips qui
astucieusement permettait au couvercle de devenir platine, le tout avec
aiguille. Eh oui, en acier qui s’usait très vite et que nous pouvions
remplacer avec une allumette coupée finement. Puis vinrent les 45 et
les 33 tours microsillons et les……Teppaz qui sont entrés dans le monde
des pièces de musée et en même temps dans celui des objets kitchs.
Sur ce Philipps
donc ne pouvaient tourner que les galettes en 78 tours. Mes premières
galettes que j’ai acheté* furent donc dans ce format, St Louis Blues
(sur Victor) et le Révérend Kelsey, introuvable merveille enregistrée «
live » dans une église de Harlem. A l’écouter ici, en cadeau, on
comprend l’importance de ces chants sur la musique afro-américaine dans
le rock flamboyant des Little Richard et autre James Brown.
L’apport du
gospel dans la musique des « fiveties » et décelable, allié au blues,
au rhytm and blue sortira une style que des centaines de groupes
répandront sur le marché du disque black, le fameux doo woop, du nom
des vocalises du bakground. Les plus célèbres furent les Platters.
Il faut
noter l’importance des maisons de disques, qui jusqu’à aujourd’hui font
la pluie et le beau temps dans le monde de la musique. Il leur suffit
d’intervenir très clairement sur les radios qu’elles contrôlaient
pour qu’elles lancent les modes, bonnes ou mauvaises. Rabâchée toute la
journée sur les antennes le moindre des navets finit par entrer dans
notre tête, et que nous sifflerons le lendemain sous la douche.
Nous continuerons notre balade plus tard, des travaux ménagers m’attendent. lol
La photo en
couverture est celle de Pat Bone, un "produit" des maisons de disques
blanches qui tentent de vendre la black musique à leur public. Ce type,
sympa acteur de cinéma, chante ici tutti frutti. Une grande
catastrophe. Je ne vous le ferai jamais écouter. Volez le.
* Acheté est un
bien grand mot, emprunt définitif serait plus juste. Aux «puces » de
Montreuil, c’était plus un sport qu’un larcin. De plus il y a
prescription. Aujourd’hui le sport est sur Internet. Tous les morceaux
cités sont de plus tombés dans le domaine public, alors allez-y sans
craindre les gendarmes.
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